François Graziani est kinésithérapeute à Marseille, spécialiste du syndrome rotulien et de la kinésithérapie du sport en général. Il a créé un site internet expliquant ses méthodes de prise en charge, que vous pouvez consulter ici :

https://graziani-kinesports.fr/

 

François Graziani a été l’un des premiers utilisateurs de la technologie d’analyse du mouvement de Panda. Il a utilisé le dispositif pendant un mois pour se faire une idée de la précision d’analyse que l’on pouvait atteindre avec le dispositif. L’analyse fine que l’on a testée avec Monsieur Graziani fait actuellement l’objet d’études cliniques. L’article suivant est tiré de l’interview qu’il nous a accordé, dans laquelle il détaille son ressenti par rapport au dispositif.

 

Team Panda : Quelle a été la principale utilité de Panda PRO dans votre prise en charge ?

François Graziani : Ça a été un outil d’évaluation plutôt performant sur l’analyse fine du mouvement du genou, en flexion-extension et rotation.

 

Quelle était votre première impression lors de l’utilisation du dispositif ?

Je ne pensais pas que les capteurs auraient cette sensibilité et seraient capables de détecter ce type de mouvements.

 

Quelle a été l’évolution de cette impression au fil de l’utilisation ?

Maintenant que je sais comment le système est conçu, j’en comprends mieux la finalité et l’utilité.

Le dispositif nous a servi, à travers les différents tests, à trouver l’information qui manquait dans les autres bilans. Nous avions fait un bilan isocinétique qui n’avait pas montré la déficience exacte de la rotation interne du tibia sous le fémur qui était due à une déficience spécifique du demi-membraneux et demi-tendineux. Et cela, votre genouillère l’a montré spécifiquement. Et même, le bilan iso avait déterminé que la patiente était trop forte en ischio jambiers.

Donc ce bilan allait dire, « mais ne touchez pas aux ischios puisque tout va bien vous êtes déjà très forte madame la patiente! ». Sauf que vous, votre genouillère dit, oui mais pendant le mouvement il y a un lâchage parce que justement elle ne stabilise pas et on le voit.

Le plus de la genouillère c’est qu’elle permet d’analyser en chaîne cinétique fermée alors que le bilan isocinétique est une valeur de référence qui n’analyse qu’en chaîne cinétique ouverte. C’est vraiment ça qui fait la différence. Et nous marchons tous fonctionnellement en chaîne fermée et la pertinence est à votre genouillères plus qu’au bilan isocinétique, quand on remet le patient uniquement dans la fonction c’est à dire marcher.

 

Comment est-ce que vous imaginez l’utilisation du dispositif au quotidien? Est-ce que ce serait plutôt quelque chose de ponctuel pour un bilan ou quelque chose de continu, qui suit l’évolution…

Moi je dirais que dans un premier temps ça sert pour le bilan, pour affiner notre bilan.

Cette genouillère détecte des choses qu’on ne voit pas, qu’on ne perçoit pas, que même le patient ne perçoit pas. Des fois le patient décrit des défauts de stabilité. Mais il ne sait pas l’expliquer, il va dire « tiens ça a lâché. Mais je ne sais plus si c’est au début du mouvement, à la fin ou au milieu. Je ne sais plus pourquoi ça m’est arrivé etc… ». La genouillère va peut-être nous renseigner de manière très exacte « vous avez ce défaut à tel angle pour telle vitesse et telle force » donc être pertinente.

 

L’idée c’est de faire évoluer le système. D’ajouter à cette part diagnostic là, une part supervision des exercices. Parce que dans la plupart des cabinets, je ne sais pas si vous fonctionnez comme ça ici, les professionnels prennent en charge plusieurs patients en même temps. Et du coup l’idée c’est de donner aussi aux patients une interface sur laquelle on leur indique l’exercice à faire, on les corrige quand ils font mal l’exercice, etc…

C’est certain que dans le cas de plusieurs postes, et je fonctionne comme ça aussi bien sûr pour une question de rentabilité sur le plateau technique, c’est pas mal de laisser le patient seul avec un retour feedback. Là je suis d’accord. Dans cette spécificité là c’est utile de fonctionner comme ça. C’est un marqueur.

 

Est-ce que vous recommanderiez ce dispositif ?

Ah oui tout à mon avis tous les kinés spécialistes du genou doivent s’en équiper.

A un moment donné, c’est le bon outil qui font le bon praticien. C’est un peu comme le Myolux pour les entorses de chevilles.  Il y a des systèmes qu’il faut avoir parce que si vous voulez traiter une instabilité de cheville chronique et des entorses à répétition il faut des systèmes qui sachent anticiper. De même pour des problèmes de syndrome rotulien, ménisque, défaut de contrôle postural du genou, il faut des systèmes qui nous aident.

 

Aujourd’hui vous n’avez rien de tel ?

Non c’est la première genouillère connectée qui permettrait d’avoir un regard en temps réel sur la stabilité et le défaut de contrôle musculaire.

 

Comment aimeriez-vous voir la genouillère se développer ?

Une évolution pourrait être de faire un seul modèle de genouillère, gauche et droite en même temps. Après, si on a un patient avec un genou malade, on peut avoir intérêt à comparer les deux genoux pour comparer les bilans.

Il est possible par exemple de tomber sur un trouble neuro-moteur déjà pré-inscrit et que le genou blessé finalement n’est pas plus atteint en instabilité que le genou sain parce qu’il y avait déjà un mauvais contrôle postural même sur le genou sain. Donc ça sera très intéressant d’aller chercher aussi la programmation neuro-motrice sans parler de la lésion anatomique.

 

Est-ce que vous auriez recommandé à la patiente d’utiliser le dispositif chez elle, si elle avait la possibilité d’en acheter un ? Pour compléter sa rééducation en sachant qu’elle ne pouvait plus venir en séance.

Alors c’est vrai qu’on est dans l’air du temps maintenant on voit conseiller à la fois dans les communications des congrès, par des médecins, des kinés : « Apprenez à vos patients à s’auto rééduquer. »

Ça rentre aussi dans la limitation des actes, l’économie de la santé et puis la responsabilisation du patient. Et c’est vrai que le taux de guérison s’accélère quand les patients se prennent en charge à la maison et rajoutent 20 minutes d’exercice tous les jours. S’ils font deux séances de kiné, plus trois chez eux ça va beaucoup plus vite, ça coûte moins cher à la sécurité sociale et eux sont plus vite contents parce qu’ils sont plus vite guéris. C’est intéressant comme marqueur, comme outil à emporter chez soi à la maison. Oui ça peut les intéresser.

 

Est-ce que vous seriez donc prêt à les recommander ?

Moi je le prescrirai, si je sens qu’il ne va pas la laisser dans le placard !